

Une augmentation de la température de la Terre supérieure à 2°C, par rapport aux moyennes enregistrées avant la révolution industrielle, est considérée par nombre de scientifiques comme un seuil au-delà duquel le changement climatique risque de provoquer des désordres majeurs irréversibles.
Si le thermomètre continuait de grimper au rythme actuel (environ 0,1°C par décennie), les impacts du réchauffement sur notre planète seraient exacerbés. La fonte des glaciers et donc la montée du niveau des mers s’accélèreraient énormément (voir fiche Pourquoi le niveau de la mer monte-t-il). Les sécheresses seraient aussi plus intenses, comme les inondations et les cyclones. Les disparités régionales de températures seraient aussi plus marquées qu’elles ne le sont aujourd’hui (avec des régions très froides et d’autres extrêmement chaudes), ce qui bouleverserait les pratiques agricoles et risque d’engendrer des désordres sociaux de grande ampleur (pénurie d’eau potable, afflux de réfugiés climatiques…).
Et à partir du moment où l’élévation de température dépasserait ce seuil critique, les conséquences seraient plus dramatiques encore, car un effet boule-de-neige est à redouter. La machine climatique pourrait s’emballer. Le CO2 atmosphérique serait moins bien capté par les océans, dans la mesure où ce gaz est moins soluble dans l’eau tiède que dans l’eau froide. De même, les forêts absorberaient moins de CO2 qu’à l’heure actuelle. La disparition de ces deux grands puits de carbone naturels augmenterait forcément la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre (GES), et par conséquent le dérèglement climatique. Pire : en se réchauffant, la Terre viderait ses anciens puits de carbone. Le dessèchement des tourbières, par exemple, pourrait libérer d’énormes quantités de GES, tout comme le dégel du permafrost qui entraînerait le dégazage de milliards de tonnes de méthane (voir fiche Pourquoi la fonte du permafrost est-elle inquiétante).
Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), « la lutte contre le changement climatique est plus urgente que jamais (…) car les réductions actuelles et les promesses de réduction des émissions de GES ne sont pas suffisantes pour maintenir le réchauffement sous le seuil des 2°C ».
Pour en savoir plus :
http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/syr/ar4_syr_fr.pdf
http://www.sciencesetavenir.fr/magazine/dossier/097085/au-dela-de-2-c-un-risque-d-emballement.html
