

Le permafrost (ou pergélisol) est la couche de terre constamment gelée qui recouvre les régions boréales (Canada, Alaska et Sibérie), l’une des zones du Globe où le dérèglement climatique s’avère particulièrement rapide (voir fiche Pourquoi sommes-nous tous concernés par ce qui se passe en Arctique). Déjà victime du réchauffement, il fond peu à peu.
Or des villes et des oléoducs sont construits sur ce sol. Sa fonte risque donc de provoquer des mouvements de terrain aux conséquences incertaines. Les gazoducs russes, par exemple, qui traversent la Sibérie et ravitaillent l’Europe en gaz, sont posés dessus. S’ils venaient à rompre, la catastrophe serait immense, aussi bien d’un point de vue économique qu’environnemental.
Mais les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là. Selon les estimations scientifiques, plus de 1600 milliards de tonnes de carbone seraient emmagasinés dans ces sols sous forme de matières organiques. Avec le réchauffement, leur décomposition par les bactéries du sol serait intense et dégagerait de grandes quantités de méthane (CH4), un gaz dont l’effet de serre est 25 fois plus puissant que celui du CO2 (Voir fiche Pourquoi parle-t-on de GES et pas seulement de CO2). D’après certains experts, pas moins de cent milliard de carbone seraient ainsi susceptibles d’être relargués dans l’atmosphère au cours du XXIième siècle.
D’autant que le perligosol sous-marin, que l’on pensait imperméable, commence lui aussi à libérer du méthane, au rythme de 7 millions de tonnes par an selon l’Université d’Alaska.
Un phénomène qui accélère encore le réchauffement et, donc, la fonte du permafrost. Un véritable cercle vicieux !
En savoir plus :
http://www.gtnp.org/index_f.html
http://www.universnature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3712
http://www.rue89.com/planete89/2010/03/05/du-methane-s-echappe-du-fond-de-locean-arctique-un-danger-141621
