
Moins de 200 kg au Bangladesh, presque huit tonnes aux États-Unis : la consommation d’énergie par habitant - convertie en « équivalent pétrole » - varie énormément d’un pays à l’autre selon son niveau de développement. Il en va de même de leur taux d’émissions de CO2, puisque la majeure partie de cette énergie provient du pétrole, du gaz ou du charbon qui sont tous les trois générateurs de gaz à effet de serre (Voir fiche Toutes les émissions de GES sont-elles liées aux activités de l’homme ?) : seulement 0,25 tonne par an pour un Bangladais, contre 20 tonnes environ pour un Américain. Résultat : plus de la moitié des émissions mondiales de CO2 est le fait de 20% de la population mondiale.
Mais la situation risque fort de changer. En effet, en se développant, les pays aujourd’hui les plus frugaux en énergie le seront de moins en moins. D’ici 2030, la consommation énergétique devrait progresser par exemple de 3,7% par an en Afrique et de 5,5% en Asie, contre seulement 1,8% dans les pays de l’OCDE. En termes d’environnement, ce rééquilibrage risque d’être désastreux car les pays pauvres se tournent préférentiellement vers les combustibles les moins chers et les plus faciles d’utilisation. En l’occurrence, le charbon, dont la consommation pourrait bondir de 50% au cours des vingt ans à venir ! Un choix bien compréhensible, mais qui aboutirait à une augmentation de 40% des émissions de CO2 liées à l’énergie. Et, donc, à une élévation encore plus importante de la température du Globe.
Pour concilier lutte contre le réchauffement climatique et développement économique, la seule solution consiste donc à inciter les pays actuellement peu consommateurs à adopter des énergies renouvelables. À condition, bien sûr, que celles-ci soient économiquement abordables et que les pays riches ne rechignent pas à transférer les technologies nécessaires aux États les plus démunis ou à les aider financièrement.
Merci au CNES et à Carboschool pour leur collaboration.
Pour en savoir plus :
http://www.geres.eu le site du Groupe Energies Renouvelables, Environnement et Solidarités, très impliqué sur ces problématiques
