

Manger des fruits et légumes frais à contre-saison est devenu monnaie courante. Un petit plaisir sympathique, mais dont le coût écologique est colossal. Pour que ces aliments parviennent jusqu’à notre table, ils doivent en effet être cultivés à des milliers de kilomètres de chez nous et donc parcourir des distances importantes en camion, en bateau, voire parfois même en avion.
Un kilo de haricots verts originaires d’Andalousie et consommé à Paris génère par exemple 128 g de CO2, contre 64 g pour les haricots cultivés en Provence. Ceux provenant du Kenya ont un bilan carbone encore plus désastreux. Acheminés généralement par cargo, ils engendrent… 3 948 g de rejet de CO2 par kilo importé ! Même chose pour les cerises. Celles dégustées en saison n’émettent que 67 g de CO2/kg (production en Pays-de-Loire et consommation à Paris), contre plus de 1 000 g/kg pour les cerises chiliennes que l’on trouve en hiver sur les marchés de la capitale.
Ces « aliments voyageurs » présentent d’autres aberrations écologiques. Cultiver des haricots verts requiert de grande quantité d’eau. En Afrique, où l’eau douce est rare, leur production déstabilise non seulement l’agriculture vivrière locale mais aussi, par conséquent, l’équilibre social. Les fraises andalouses mettent en péril la biodiversité de la région. Cultivées à l’orée du parc national de Doñana (une importante réserve naturelle d’oiseaux migrateurs), elles suscitent de nombreuses convoitises : beaucoup d’exploitations « non autorisées » voient le jour. Résultat : 2 000 hectares de forêt ont déjà laissé la place aux fraisiers.
Pour manger citoyen, mieux vaut donc manger local et retrouver ainsi le temps des saisons.
Merci au CNES et à Carboschool pour leur collaboration.
Pour en savoir plus :
http://www.enpc.fr/fr/formations/ecole_virt/trav-eleves/cc/cc0607/choix-alimentaires.pdf
